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Emmanuel Macron a annoncé jeudi 10 juin 2021 la fin de l’opération Barkhane de lutte contre les jihadistes au Sahel, dans le cadre d’une « transformation profonde » de la présence militaire de la France dans la région. Cette annonce a été faite lors d’une conférence de presse à l’Élysée en amont du G7.

Selon le chef de l’État français le calendrier et les modalités de la fin de l’opération Barkhane seront dévoilés fin juin. 

Paris déploie quelque 5 100 soldats contre les jihadistes affiliés au groupe État islamique et à Al-Qaïda, un soutien de taille aux armées affaiblies des États du Sahel qui peinent à les combattre seules.

Mi-février, lors d’un sommet à N’Djamena avec les partenaires du G5 Sahel (Tchad, Mali, Burkina Faso, Niger, Mauritanie), le président français avait annoncé que Paris ne comptait pas réduire « dans l’immédiat » les effectifs de Barkhane.

Il avait toutefois esquissé une stratégie de sortie, à la faveur de renforts européens prêts à les rejoindre, alors que la France combat massivement les jihadistes au Sahel depuis début 2013.

La France a engrangé des succès tangibles contre l’État islamique au Grand Sahara (EIGS) et les organisations affiliées à Al-Qaïda regroupées au sein du GSIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans), sans enrayer toutefois la spirale jihadiste.

À l’approche de l’élection présidentielle de 2022, cet effort militaire de longue haleine suscite aussi des interrogations croissantes en France, alors que 50 soldats ont été tués au combat depuis 2013.

Le chef du GSIM, Iyad Ag Ghaly, responsable de très nombreuses attaques au Burkina, au Mali et au Niger, apparaît désormais comme l’objectif prioritaire de Barkhane.

Les soubresauts politiques au Mali interrogent la présence française, notamment car une partie des dirigeants maliens souhaitent entamer un processus de négociation avec certains groupes jihadistes.

La France a déjà annoncé le gel de ses opérations conjointes avec l’armée malienne pour condamner le coup d’État, et soutient les pressions internationales exercées par la Cédéao et l’Union africaine pour pousser les autorités maliennes à organiser une transition vers un pouvoir civil et des élections en 2022.

L’opération Barkhane dispose de plusieurs bases au Mali, dont certaines pourraient être fermées à moyen terme.

La mission des États ouest-africains dépêchée au Mali après le deuxième coup d’État militaire s’est dite « rassurée » par les engagements pris par le nouveau président, le colonel Assimi Goïta, quant à un retour des civils au pouvoir début 2022.

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